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18/03/2019

Un médecin israélien arrête une hémorragie cardiaque de façon plutôt originale

Cette semaine, un cardiologue d’un hôpital israélien a pratiqué une opération de chirurgie cardiaque qui a été qualifiée de « première au monde ». Il a réussi à arrêter l’hémorragie d’une artère d’un patient de 29 ans au moyen d’un dispositif généralement utilisé pour déboucher des artères.

Professeur Victor Guetta, directeur de l’unité de cardiologie invasive et interventionnelle, et son équipe, au centre médical Sheba de Ramat Gan, a rebouché l’artère d’un patient de 29 ans avec un dispositif utilisé pour déboucher des artères. (Crédit : capture d’écran YouTube)

La procédure a été réalisée par le professeur Victor Guetta, directeur de l’unité de cardiologie invasive et interventionnelle, et son équipe au centre médical Sheba de Ramat Gan, après qu’un patient a été admis pour une rupture d’anévrisme sur le ventricule gauche de son cœur ayant causé une hémorragie dans la cage thoracique.

Un anévrisme se produit quand la paroi artérielle s’affaiblit, entraînant un gonflement ou un élargissement anormal. S’il ne se rompt pas, les médecins et les patients surveillent de près cette anomalie. Dans certains cas, la paroi artérielle est renforcée à l’aide d’une endoprothèse. Cependant, en cas de rupture d’anévrisme, le patient peut ressentir soudainement des symptômes tels que douleurs, tachycardie, état de choc et baisse de la pression artérielle. C’est une situation de vie ou de mort, qui nécessite une prise en charge immédiate.

Le patient en question avait déjà subi plusieurs interventions cardiaques pour des pathocardiologiques chroniques. Au cours des deux derniers mois, il souffrait d’essoufflement et, à son arrivée à l’hôpital, après avoir subi des tests, le personnel médical l’a informé qu’il présentait une déchirure dans le ventricule cardiaque qui engendrait une hémorragie.

La procédure de traitement standard aurait été une chirurgie à cœur ouvert, une procédure invasive, qui prend plusieurs heures et comporte un risque d’infections de la poitrine, de crise cardiaque, d’accident vasculaire cérébral, d’embolie et d’insuffisance pulmonaire et rénale. La récupération est lente, les patients sortant de l’anesthésie avec deux ou trois tubes dans la poitrine pour drainer les liquides autour du cœur. Le séjour à l’hôpital dure entre une semaine et 10 jours.

Cependant, le médecin était certain qu’il y avait un meilleur moyen de le traiter. Le patient l’a laissé tenter quelque chose qui n’avait encore jamais été fait. L’équipe de chirurgiens a accédé au cœur du patient à l’aide d’une procédure de cathétérisme standard, insérant un tube de la taille d’une paille dans un gros vaisseau sanguin, et se sont dirigés ensuite vers le cœur. Une fois sur place, ils ont bouché le trou à l’aide d’un obturateur de communication interventriculaire Amplatzer (Ventricular Septal Defect), un dispositif auto-expansible à double disque en treillis métallique.

Le dispositif est souvent utilisé dans des procédures de cathétérisme cardiaque standard, comme l’angioplastie, pour ouvrir des artères bloquées, mais n’avait jamais été utilisé auparavant pour boucher un trou dans l’artère.

« Cette procédure unique n’a encore jamais été réalisée nulle part ailleurs. J’ai pu boucher le trou du patient ou la zone de saignement à l’aide de ce dispositif », a déclaré le professeur Guetta dans un communiqué. « Dans les deux jours qui ont suivi l’intervention, le patient est rentré chez lui. Et son pronostic est bon. »

Le professeur Chaim Lotan, directeur de l’Institut de cardiologie du centre médical Hadassah, a déclaré qu’il « félicitait ses collègues pour cette belle réussite ». Il a indiqué que la procédure était déjà utilisée pour boucher des trous dans d’autres parties du cœur – pour traiter les problèmes ou des défauts septaux artériels, par exemple – mais n’ont jamais été employés de la même façon que pour ce patient de 29 ans.

Il s’agissait d’un cas rare d’un patient ayant subi de nombreuses autres interventions cardiaques et, par conséquent, le traitement nécessitait une voie alternative, a-t-il déclaré. Dans tous les autres cas, le meilleur traitement aurait été de réparer le trou par la chirurgie, a-t-il ajouté. « Ils l’ont résolu d’une manière élégante. »

 

Source: The Times of Israel par SHOSHANNA SOLOMON

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